ATYPIQUES : ETRE LOYAL… JUSQU’OU ?

Au cours de cette vie, il y a peu de femmes en amour, peu de personnes en entreprise qui m’ont ouvert les bras, ou tendu avec énergie et sourire : la main.

Peu d’opportunités de participer activement au sein de la société, alors quand une occasion se présentait, je donnais tout, avec énormément de loyauté. Cette femme avait perçu toutes mes richesses, cette entreprise, tous mes talents, alors je voulais leur montrer qu’elles avaient eu raison de le faire. Ma peur : les décevoir, ne pas être digne de la confiance, des espoirs qu’elles avaient placés en moi.

Seulement, avec le temps, même très rapidement, des frustrations apparaissaient. Telle femme ne m’apportait pas ce que je croyais être légitime dans une relation amoureuse. De la confiance, de la sensualité et des sourires. Tout autant, des entreprises ne m’apportaient pas ce qui m’apparaissait essentiel dans une relation de travail : de la bienveillance, un respect minimum de mon rythme naturel, et une cohérence entre les résultats demandés et les moyens offerts pour atteindre ces objectifs.

Face à ces manquements, je quittais automatiquement cette femme ou cette entreprise ? Non ! J’attendais. En me disant qu’avec tout ce que j’apportais, en terme d’effort, d’énergie, et de bonne humeur, j’allais forcément amener les autres à me respecter, selon mes critères personnels, mais que je croyais universels, évidents pour tout le monde.

Et puis, peu à peu la colère montait en moi. Les comportements que je ne trouvais pas assez respectueux, ou assez généreux, me rendaient triste. Je transformais cette colère en tristesse : car je ne souhaitais pas l’exprimer. Je ne souhaitais pas faire part de mon mal-être, car j’avais peur que l’autre m’aime moins si j’étais la source d’un problème. Voire même qu’il devienne hostile, distant, plus autant source de lien, d’intégration et d’amour.

Cette colère non exprimée, que je laissais couler à l’intérieur de moi, comme une rivière souterraine, il me fallait attendre un moment propice, extrême, pour enfin l’exprimer. Soit en entreprise, j’étais enfin à bout, à bout de mes capacités d’adaptation et d’encaissement : et alors je demandais une rupture conventionnelle, avec la détermination de celui qui sait que soit il obtient ce précieux sésame, soit il rompt. Flanche. Tombe malade. Coule. Avec très peu de certitudes sur la suite de son existence. Pour les femmes, j’attendais de rencontrer enfin une nana qui représentait tout ce que j’appréciais, pour ne pas dire à l’autre : « je te quitte car ça se passe mal ». Mais «  je suis tombé amoureux d’une autre, et t’inquiète pas c’est pas de ta faute ».

Avant que ces moments n’arrivent : j’encaissais !

Aujourd’hui, notamment grâce à la Communication Non Violente, qui m’a permis de mieux clarifier, dans chaque situation, mes besoins. Aujourd’hui, je sais être loyal mais sous certaines conditions. Je n’attends plus que la cocotte minute explose. Je n’accepte plus de me faire souffrir en silence. Dès que je me sens mal dans une relation, car un besoin fondamental n’est plus satisfait, selon mes critères, je le partage avec la CNV.

J’essaye de trouver une solution « Ok » avec l’autre, pour que nous soyons tous les deux satisfaits, heureux, dans cette relation.

Et par rapport à la peur de ne plus être aimé, de décevoir l’autre, j’essaye d’envisager une autre personne dans la même situation. Et je me dis « qu’est-ce que je penserais de cette personne si elle ne faisait rien ». Et souvent, je me dis « cette personne ne se respecterait pas, si elle ne faisait rien, si elle continuait à encaisser comme ça, à souffrir en silence ». Et je trouve ça important de se respecter.

De même, je me dis que si l’autre personne, en face, ne peut entendre avec intelligence et ouverture, ce que je lui exprime factuellement, sans violence, en ne parlant que de mes émotions et mes besoins. Si elle refuse l’échange, dans ces conditions vraiment apaisées, je me dis que je ne souhaite pas m’engager dans de telles relations, pour moi source de stress. Loin de l’harmonie.

Alors la loyauté : oui, avec grand plaisir. Avec honneur. Mais uniquement si les conditions nécessaires sont pour moi réunies. Sinon, je ne suis plus loyal aux valeurs chères à mon coeur, indispensables à mon équilibre, à ma joie.


Résumé :

  • Atypiques (Asperger, Zèbre), j’étais peu souvent valorisé par femme ou entreprise.
  • Alors dès que quelqu’un me montrait de l’intérêt : je faisais tout pour être loyal, digne de la confiance.
  • Seulement, très vite des frustrations apparaissaient dans les relations (de travail ou amoureuses).
  • Dans ces cas-là, je ne disais rien. Je me disais qu’avec l’énergie que j’insufflais dans la relation, et la bonne humeur, le meilleur était à venir.
  • Mais souvent, les comportements ne changeaient pas. Alors la colère montait en moi, qui se transformait en tristesse qui stagnait. J’avais peur d’exprimer cette colère, car j’avais peur de ne plus être aimé. Peur même que l’autre personne devienne hostile, agressive.
  • Pour que j’exprime mon insatisfaction, il fallait que la situation devienne extrême. Au travail, il fallait que je sois au bord de tomber malade, pour demander une rupture conventionnelle. Avec une femme, il fallait que j’attende d’avoir trouvé une nana qui incarnait tout ce que j’aimais, pour ne pas dire à l’autre que ça allait mal. Juste que j’avais trouvé quelqu’un avec qui j’avais encore plus d’affinités.
  • Mais avant que la situation extrême n’arrive : j’encaissais.
  • Aujourd’hui : grâce à la CNV, je sais reconnaître mes besoins non satisfaits dans chaque situation.
  • Alors j’arrive à exprimer cela tôt, pour trouver une solution qui convienne aux 2 personnes.
  • Je m’exprime d’autant plus facilement, que je sais que ma perception du monde est particulière, et que l’autre ne fait pas forcément exprès d’agir d’une manière insatisfaisante pour moi.
  • Concernant la peur de ne plus être aimé, je me dis qu’une personne qui ne peut entendre, avec ouverture et intelligence, mes souhaits d’ajustement dans la relation, si c’est possible, n’est pas une personne avec qui j’ai envie d’être en relation à l’heure actuelle.
  • Et si je ne m’exprime pas, et que je garde cette frustration en moi, j’aurais honte de ne pas me respecter. Et le respect de moi est très important maintenant, dans ma vie. Me respecter : c’est être loyal vis-à-vis des valeurs qui me sont chères, et que je souhaiterait voir se propager au sein de la société. Au sein de la société : à commencer par moi.

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