« AUTISME : J’ACCUSE! »

Hugo, Horiot, Autisme, J’accuse. Que dire… Sentiments mêlés à la lecture, reflet sûrement de la perplexité à l’intérieur de moi : de savoir comment me positionner face à une société exclusive pour les humains avec autisme. Hugo Horiot privilégie une forme de confrontation. Aussi, car très tôt, mutique, on le destinait à une vie, lui, enfermé entre 4 murs. Existence, sans départ et déjà le terminus : tragédie à laquelle il a pu finalement échapper grâce à l’énergie, au soutien permanent de sa mère, sa curiosité à entrer dans son monde, et aussi à l’inciter à découvrir le sien : tout un monde extérieur, effrayant, étranger.

Cette brutalité à laquelle Hugo Horiot a été confronté très jeune personnellement me touche. Et me rappelle mon grand-père souvent méprisé, avec de nombreux séjours en HP à Saint-Anne. Du coup, face à cette situation de brutalité infligée à nombre d’autistes, je comprends la rage d’Hugo Horiot. D’autant plus que c’est possible de faire cohabiter autiste/non autiste dans des classes, dans la société, bien des pays européens y arrivent. Au contraire de la France, où les enfants autistes ne sont pas systématiquement intégrés dans les écoles.

Le constat initial du livre est terrible, donc. Percutant. Et les pages qui suivent ce constat font beaucoup de bien à l’Asperger que je suis, en prenant conscience qu’à force d’adaptation, d’exclusion, de tout faire pour plaire, pour être accepté, je m’étais habitué à des standards de bonheur trop bas. Comme si être écouté, un peu considéré était déjà merveilleux. Alors qu’avec les efforts déployés, et les qualités humaines : il serait on ne peut plus normal d’obtenir une sécurité financière, d’avoir les moyens de me protéger, de m’assurer une santé, un avenir, un toit, un futur. D’être un vrai pilier pour ma famille, la société, la famille que je créerai : que je pourrai aider. A la place, comme aujourd’hui, de solliciter mes parents pour être logé, car la société n’a su déceler mes qualités, ou suffisamment me gratifier pour ça.

Pointer du doigt l’exclusion subie par les autistes, et souligner leur droit au bonheur comme tous les autres ; (d’autant que nombre d’autistes sont exemplaires par leur qualité du cœur). Pour cela, le début du livre d’Ugo Horiot m’a regonflé, m’a boosté.

Ensuite, pour parvenir à une vraie considération enfin des Autistes en société, Hugo Horiot parle de son désir de voir la peur désormais changer de camp. En avertissant les décisionnaires que l’état de leur compromission, de leurs petits arrangements, de leurs magouilles, il les connaît. Et qu’en plus, dans le futur, l’essor partout de l’intelligence artificielle, mettra en évidence la puissance et la valeur ajoutée de la pensée autistique, par rapport à la pensée « normale », classique, linéaire. Arrêter l’affairisme, comprendre les atouts de la pensée autistique : autant d’arguments pour réintégrer et valoriser les autistes au plus vite, ici, en France, dans notre société.

Après ces chapitres : toute la partie opposition normo-pensants/autistes ne m’a pas parlé. Dire que « Le Spectre autistique vaincra », etcc, n’est pas aujourd’hui une vision qui me touche. Je préfère la bienveillance, l’urgence de l’unité face aux défis climatiques, politiques, et aux violences sociales.

Peut-être, je suis trop modéré. Et trop peu conscient de ce qui se joue au niveau de la société. C’est possible. Peut-être que toutes les visions sont utiles et complémentaires. Celle beaucoup plus militante d’Hugo Horiot. D’autres plus humoristiques, bon enfant, « nounours » de Josef Schovanec. Peut-être que si chacun sent la nécessité de partager son propos, d’une manière précise, c’est que la diversité des engagements, servira, chacun à sa manière, au final, pour le bonheur de tous : la grande cause.

Et tout comme les homosexuels se sont battus pour ne plus être considéré comme une maladie, juste comme une différence naturelle au sein de la société, l’autisme a ce même combat à mener. Et je suis curieux de savoir ce qui a le plus fait avancer la cause gay. La démarche très militante, ou les gens modérés, ou alors un peut tout ça mélangé.

En tout cas, je garde de ce livre « Autisme, J’accuse », une reconnaissance envers Hugo Horiot de me rappeler que j’ai le droit au bonheur moi aussi. Comme tout le monde. A un standard de bonheur élevé. Et pas au rabais. Et ça, ça m’a vraiment bouleversé. Alors, du fond du cœur, à lui… Merci.

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