LE TRAVAIL : COMMENT TENTER DE SE PRESERVER EN TANT QUE ZEBRE / ASPERGER ?

Le monde du travail… Mon entrepôt, mon terminus : la voie de garage de ma jeunesse. Humour, spontanéité, optimisme : terminus, tout le monde descend.

Ils sont tous descendus, à force que je montais au sein des hiérarchies. Plus je montais, plus les consignes apportaient étrangement des questions, et non des indications.

Des textes à trous, ces consignes. Une chasse aux trésors permanente, pour retrouver toutes les informations, qui étaient disséminées en fait au sein des différents départements. Une chasse aux trésors, mais dont les propriétaires des indices – le département Ressources Humaines, Marketing, ou Vente – ne vous recevaient pas avec la même décontraction, le même relâchement, plaisir, que des parents qui auraient caché avec malice, des œufs au chocolat, au milieu de leurs fleurs, le lundi de Pâques, pour le bonheur de leurs enfants.

Une course aux trésors, donc, en entreprise : mais sans véritable indice pour trouver les trésors. Et sans trésor, d’ailleurs, non plus, vous me direz, étant donné le niveau de la paye. Il ne restait donc que la course. Une course incessante, mélange de marathon – il fallait tenir 48 semaines par an, et dix heures par jour, plus 2 heures aller/retour de trajet – un marathon, associé à du sprint, vu qu’un document ou une réunion vous attendait dans 2 minutes, ligne d’arrivée fixée à la photocopieuse, ou à l’entrée de la salle 517, que même les gens du 5ème étage ne savaient pas où elle se trouvait cette salle.

Marathon. Sprint associé. Le monde de l’entreprise exigeait d’être aussi endurant qu’un athlète de demi-fond. Et aussi rapide dans la livraison de son travail, qu’un coureur de 100 mètres. Pour obtenir sa prime, finalement c’était simple : il fallait juste pouvoir battre Kevin Mayer sur Décathlon.

Usure des cadences, à outrance. Et du manque de bienveillance : de constance, de sécurité dans les relations. Dans les couloirs, mes collègues souriaient, plaisantaient avec d’autres personnes. Puis en privé, ils me disaient de me méfier de ces mêmes personnes. Mais vu, que moi, dans la vie, je me méfie des personnes, qui changent de discours en fonction des personnes, au final… Je me méfiais un peu tout le monde, dans ces entreprises.

Perte de sécurité dans les relations. Perte d’un rythme naturel pour être heureux dans la vie. Perte d’une clarté suffisante, pour travailler correctement et être fier de qui je suis. Le monde du travail m’a déraciné, effeuillé, égrainé : bref l’Automne, l’Hiver de mon existence, pour mieux préparer mon Printemps. Eclore. Eklore, dirait une association qui lutte justement pour que les Atypiques puissent travailler, dans le respect de toutes leurs spécificités. Qu’est-ce que j’aurais aimé qu’on me dise : demande plus de clarté. Pars Sylvain, si tu sens que ton rythme est trop chamboulé, que le déficit de bienveillance est pour toi trop important, et te met en insécurité.

Je ne l’ai pas assez demandé. J’ai trop subi, je ne me suis pas suffisamment écouté. Heureusement, mon vécu et nos expériences vont profiter à toutes les générations d’après. Les connaissances et les partages ne font qu’augmenter. Se multiplier. Ecoutez votre rythme. Demandez de la clarté. Toujours. Et de la constance, de la bienveillance : ça apporte tellement de sécurité.


En résumé :

  • En entreprise, le manque de clarté dans les consignes, le rythme effréné, et l’ambiance « panier de crabe » m’ont apporté une très grande instabilité émotionnelle. Un très grand manque de repères, et une déconnexion de moi-même.
  • Face à cette situation d’urgence, J’ai trop subi.
  • Je n’ai pas assez relancé, pour ne pas commencer un travail, tant que je n’avais pas la clarté suffisante concernant la tâche, c’est à dire : les éléments qu’ on me fournissait. Le travail final à rendre. Et les étapes par lesquels je devais passer.
  • Concernant la gestion de mon temps, j’aurais aimé négocier avec mes patrons une autonomie totale, en insistant sur le fait que le rendu final leur sera livré en temps et en heure, mais que si je ressentais la nécessité de faire une pause. De partir. D’aller dans un café, ou de me balader : c’était indispensable pour moi de suivre cet élan du corps.
  • Concernant l’entourage, le choix de l’entreprise, des collègues : j’aurais aimé suivre plus mon intuition. Dans bien des situations, dès le départ, je sentais que ça n’allait pas le faire. Et souvent, le manque de fluidité au départ s’est confirmé, même accentué.
  • Aujourd’hui des associations essayent de promouvoir les qualités des atypiques, et l’importance de respecter leurs spécificités en entreprise. C’est notamment le cas de l’association Eklore.

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